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  • Le pigeon rose, oiseau endémique de l’île Maurice, retrouve son habitat naturel à la Vallée de Ferney

    22 Jun 2017

    Des pigeons roses (aussi connus comme ‘pigeons des mares’), un oiseau rare endémique de Maurice, ont été lâchés ce jour dans le magnifique sanctuaire naturel de la Vallée de Ferney par le Ministre de l’Agro-Industrie et de la Sécurité Alimentaire, l’Honorable Mahen Seeruttun, en présence d’une cinquantaine d’invités. Ce nouveau lâcher porte à 150 le nombre d’oiseaux endémiques de plusieurs espèces qui survolent maintenant la Vallée de Ferney grâce au programme baptisé "Optimise the Ferney Valley into a Mauritian biodiversity conservationand awareness hotspot" ou comment optimiser la Vallée de Ferney pour en faire un point névralgique centré sur la conservation et la sensibilisation de la biodiversité mauricienne.

     

    Ce projet est implémenté par la Mauritian Wildlife Foundation et co-financé par le GEF Small Grants Programme du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et la Vallée de Ferney Conservation Trust, un partenariat public-privé entre le Gouvernement mauricien et le groupe CIEL, avec la collaboration du National Parks and Conservation Services. Le projet bénéficie aussi du soutien des instances internationales telles que le Chester Zoo et Durrell Wildlife Conservation Trust du Royaume Uni et de la HSBC.

    Lors de son discours, l’Honorable Mahen Seeruttun, Ministre de l’Agro-Industrie et de la Sécurité Alimentaire a déclaré que « Nos oiseaux endémiques constituent notre richesse naturelle la plus précieuse, et pour l’intérêt de tous, nous devons à tout prix œuvrer ensemble pour leur protection. […] Notre pays s’est engagé à mettre en place le ‘United Nations 2030 Agenda on Sustainable Development and the Aichi Biodiversity Targets’. Le Gouvernement et le Ministère ne peuvent agir seuls quant à la protection de notre biodiversité car cette cause concerne chacun de nous. Nous devrions continuer de joindre nos efforts afin d’atteindre les objectifs fixés, tant à l’échelle nationale qu’internationale, témoignant ainsi de notre vif engagement en tant que pays. »

    Au-delà de la réintroduction d’espèces endémiques et du lâcher d’oiseaux, ce projet se concentre également sur la conservation de la forêt, la culture et la propagation des plantes endémiques et indigènes, la recherche scientifique sur les plantes rares et la sensibilisation.

    Responsable du projet, Vikash Tatayah, Directeur de Conservation de la Mauritian Wildlife Foundation a indiqué que « la Mauritian Wildlife Foundation se réjouit de constater que la vision commune pour la conservation, l’éducation et l’écotourisme qui s’est développée à Ferney, à l’époque où une autoroute devait être construite en plein milieu de la forêt endémique, n’a cessé de s’étoffer depuis. En effet, les efforts collectifs du groupe CIEL, du Gouvernement mauricien et des organisations internationales et locales, telles que le GEF Small Grants Programme PNUD et la Mauritian Wildlife Foundation, portent leurs fruits et tout ce que nous avons toujours espéré mettre en place il y a 15 ans de cela, quand nous avons débuté nos activités, devient maintenant réalité. Nous avons encore tant de choses à faire à la Vallée de Ferney en terme de conservation et cela est très excitant et prometteur pour la biodiversité de notre pays. »

    Il faut savoir que cette réserve naturelle de 200 hectares, située au sud-est de l’île sur le domaine de Ferney, est l’un des derniers vestiges de forêts primaires de Maurice abritant des espèces uniques au monde. Depuis les premiers jours du Conservation Trust (en 2006), et grâce au soutien de ses partenaires, 9,6 hectares de forêt ont été désherbés et 11300 plantes ont été mises en terre et constituent l’habitat naturel de nombreuses espèces endémiques qui peuvent maintenant être observées par les visiteurs. Une pépinière a également été créée et compte à ce jour 7300 plantes avec 21 espèces.

    Cette réserve ouverte au public est un formidable laboratoire de recherches où 75 plantes à fleurs endémiques et 28 indigènes, ainsi que 4 fougères endémiques, ont été répertoriés. Les visiteurs peuvent ainsi découvrir la faune (plusieurs animaux endémiques) et la flore de Maurice, et prendre conscience, grâce aux guides, de l’importance de préserver notre environnement.

    Arnaud Dalais, Président de la Vallée de Ferney Conservation Trust et de CIEL Limited a précisé que « nous devons aujourd’hui bâtir sur le succès du Conservation Trust en l’utilisant comme un puissant moyen de sensibiliser la population mauricienne quant à la protection de l’environnement. La Vallée de Ferney est le véhicule idéal et tangible pour éduquer les visiteurs sur l’importance de prendre soin de la nature qui nous entoure. Nous ne pourrons prétendre à la préservation de notre île qu’à condition d’agir tous ensemble. » 

    Dans les années 1800, le pigeon rose était largement répandu sur Maurice, avant de régresser petit à petit à cause de la déforestation, de la chasse et des prédateurs. Dans les années 1950, leur population était de 50 individus pour ensuite atteindre le nombre de 12 spécimens en 1986.  Aujourd’hui, plus de 350 pigeons roses vivent en liberté et survolent les forêts de l’île.

    Pamela Bapoo-Dundoo, Coordinatrice Nationale du GEF Small Grants Programme (‘SGP’) – PNUD a mis en avant la force du partenariat en précisant « qu’à travers la Mauritian Wildlife Foundation, le GEF Small Grants Programme à Maurice, mis en œuvre par le PNUD, est fier de soutenir les pionniers de l'élevage et du lâcher d'oiseaux endémiques dans les forêts mauriciennes depuis 20 ans. À chaque fois que je vais sur le terrain, je prends conscience de toutes les connaissances acquises jusqu’à présent en termes de maîtrise des techniques d'élevage en captivité et de lâcher d’oiseaux. Le SGP est vraiment un incubateur mondial d'idées et de solutions novatrices développées par la société civile et différentes ONGs afin d’atteindre les «Sustainable Development Goals», soit les objectifs du développement durable ainsi que les bienfaits environnementaux au niveau mondial. Mais avant toute chose, je prends surtout mesure de tout l'amour et de la passion dont font preuve les officiers du Gouvernement, les scientifiques et la MWF, notre partenaire bénéficiaire, pour sauver ces espèces menacées. Cette fédération d'énergies œuvrant pour la survie de la biodiversité endémique sur terre est incroyable ! "

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